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(Le Potentiel 14/04/2009)
La co-facilitation internationale sur les négociations directes entre le Gouvernement et le Congrès national pour la défense du peuple, CNDP, représentée par le Général Olusegun Obasanjo et Benjamin M’kapa, déposera officiellement son rapport le 15 mai à Nairobi. Ce sera à l’occasion de la tenue de la réunion extraordinaire des chefs d’Etat et de Gouvernement des pays membres de la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs, CIRGL. Initialement prévue pour le 31 janvier à Addis Abeba, en Ethiopie, cette réunion n’a pu avoir lieu à la suite des changements intervenus sur le terrain des combats au Nord-Kivu. Notamment le limogeage du général Laurent Nkunda, la déclaration de cessation de guerre par le CNDP, le déclenchement de l’opération militaire « UMOJA WETU », décidée conjointement par la République démocratique du Congo et le Rwanda. Mieux, le 23 mars 2009, le Gouvernement et le Congrès national pour la défense du peuple, CNDP, signaient un « Accord de paix ». Aussi, le 15 mai prochain à Nairobi, Olusegun Obasanjo remettra officiellement le rapport de sa mission aux chefs d’Etat de la région des Grands Lacs. RETARD DU CALENDRIER Si des signes encourageants ont été enregistrés depuis le 5 janvier 2009, il ne reste pas moins vrai que l’application de l’Accord de Ihussi pose encore problèmes. Il y a du retard dans l’application du calendrier ad hoc et cela risque de poser un certain nombre de difficultés, dès lors que la paix est toujours précaire au Kivu. En effet, il a été décidé la mise en place d’un mécanisme de suivi, à travers un Comité national paritaire de suivi « Gouvernement-CNDP ». Doté d’un mandat de trois mois renouvelable, ce comité n’est pas encore mis en place. A en croire des informations en notre possession, la constitution de ce comité national pose problème au niveau de sa constitution. Il y a bousculade au portillon à telle enseigne que l’on parle d’une trentaine de personnes qui pourraient en faire partie. Or, la constitution de ce comité engendrera des conséquences financières difficiles à résoudre, comme ce fut le cas avec le Programme Amani. Ce comité devrait travailler en synergie avec le Comité international de suivi composé de la Co-facilitation et certainement le secrétariat de la CIRGL. Avec un mandat aussi de trois mois, il a mission d’évaluer périodiquement les progrès réalisés. Puisque le Comité national de suivi n’existe pas, ce comité international a difficile à fonctionner. DES QUESTIONS SENSIBLES En dehors de ces préalables, il existe des questions sensibles. Si des pistes de solutions ne sont pas tracées rapidement, il y a risque de verser dans des dérapages et remettre en cause l’Accord Ihussi. La première question sensible demeure sans contexte la présence encore des FDLR en RDC. Malgré l’opération conjointe militaire RDC-Rwanda, cette question n’a pas été résolue. Aujourd’hui, il faut imaginer d’autres stratégies pour l’évacuer tant il est vrai que le Rwanda y tient absolument. La dernière semaine, l’on a évoqué la mise sur pied d’une structure de commandement militaire commune Monuc-FARDC pour traquer les rebelles rwandais. Auparavant, Kinshasa et Kigali ont convenu de pourchasser les Interhamwe partout en RDC. La deuxième question sensible consiste en la résolution des « conflits locaux ». A ce sujet, il a été décidé de mettre en place une « Police de proximité ». Cette question soulève beaucoup d’interrogations, comme s’il existait un agenda caché. Il en est de même de l’Administration du territoire. Le CNDP a proposé un modèle de découpage du territoire en insistant sur les « réalités sociologiques » à prendre absolument en compte. A ce sujet, Le Potentiel avait déjà fait allusion à un mémorandum adressé au secrétaire général de l’ONU et qui évoquait le découpage du Kivu en « Grand Nord-Kivu et en Grand Sud-Kivu », en partant des ethnies en place. Outre ces questions, il y a celles liées à la création d’un « ministère de réconciliation nationale », de la réforme de l’Administration publique, de la Réforme de l’Armée et des services de sécurité soutenue par une proposition « stratégique » du CNDP, de la révision de la Loi électorale, et bien sûr de la solution politique pour les cadres du CNDP. Notamment la promulgation de la loi portant amnistie et l’entrée dans l’arène politique du CNDP en tant que parti politique. Autant de questions sensibles qui, à ce jour, ne semblent pas encore avoir été abordées en profondeur. Si le CNDP est accepté comme parti politique, son entrée dans les institutions de la République n’est pas jusque-là clairement renseignée. A Nairobi, il faudra apporter des réponses pour rassurer toutes les parties congolaises, mais également l’Union africaine et l’Onu. Comme pour dire que les choses sérieuses n’ont pas encore commencé et que les inquiétudes de Ban Ki-moon, secrétaire général de l’Onu sont largement justifiées. Par Freddy Monsa Iyaka Duku |
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