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    Revue hebdomadaire de la presse burundaise n°272 du 21 au 25 mars 2005

    REACTIONS APRES LE DECES DU MINISTRE DE L’INTERIEUR

    De très nombreuses réactions dans la presse à la suite de la disparition du ministre de l’intérieur, Simon Nyandwi. Selon mon frère Le Renouveau, le gouvernement a exprimé sa tristesse devant la perte d’un homme de sagesse et de valeur. Le CNDD-FDD dont le ministre était issu demande à ses militants de se contenir et surtout de garder en mémoire ses conseils de sagesse et de sens patriotique que regretté ne cessait de leur prodiguer. Selon l’agence de presse ABP-INFOS, le porte-parole du gouvernement a exclu toute thèse d’assassinat.

    Et pourtant, écrit Kirimba, en dépit de cette mine au point du ministre de la communication, les spéculations vont bon train tendant à faire croire à l’opinion que le ministre Nyandwi, qui ressemblait beaucoup aux Tutsi et qui était né d’une mère tutsi, aurait été en réalité empoisonné par les durs de son parti.

    Selon mon confrère, ceux-ci auraient été inquiétés par sa popularité qui allait crescendo, mais aussi par le fait qu’il faisait l’unanimité dans presque tous les milieux pour sa sagesse. Il travaillait parfois de 9 heures à 11 heures par jour et sans interruption, écrit de son côté l’hebdomadaire Arc-En-Ciel ce que très peu de ses collègues, même les moins âgés ne pouvaient pas tenter. A l’aise bien avec les va-nu-pieds, Simon Nyandwi recevait les gens sans discrimination jusque tard dans la soirée. Pour l’instant, constate le confrère, les spéculations, les intrigues et les marchandages font rage pour occuper son fauteuil.

    Mais aux yeux de nombreux observateurs, il n’y a pas meilleur candidat que l’actuel chef de cabinet au même ministère, M. Pie Ntavyohanyuma. Pour éviter tout chambardement post-Nyandwi et à quelques mois des élections générales, ce serait une façon de sauvegarder la démarche louable de l’illustre disparu. Par contre, si j’en crois mon confrère Umuntu-Lumière, les gens généralement bien informés avancent le nom de l’honorable Jean-Marie Ngendahayo qui pourrait être désigné comme successeur du ministre défunt par son parti le CNDD-FDD dont il est un des poids lourds et militant de première heure.

    D’après ABP-INFOS, le cabinet civil du chef de l’Etat a révélé que Domitien Ndayizeye, actuellement en tournée en Europe ne pourra pas être présent aux obsèques et a mandaté le vice-président de la République, Frédéric Ngenzeburo pour présider les cérémonies officielles qui, écrit ABP-INFOS, sont fixées au lundi 28 mars 2005 au cimetière Mpanda, dans un quartier qui sera désormais aménagé pour abriter les corps des hauts dignitaires de l’Etat. Cette dernière information est diversement appréciée par certains journaux parus cette semaine. Selon Kirimba, cet espace qui n’a pas encore été aménagé a déjà reçu de la part d’une bonne partie de l’opinion, le surnom de quartier haut standing de Mpanda.

    Quelle démocratie ! s’exclame l’agence Zoom.Net. Les dignitaires ne seront plus enterrés avec les anciens dirigés. Au moment où le train de vie des hautes autorités du pays tranche lamentablement avec celui des simples citoyens qui se considèrent comme des laissés-pour-compte, l’écart entre eux se prolongera jusqu’au cimetière. C’est bien tardif, estime le confrère, parce que qu’il y a de vaillants officiers et d’autres personnages qui ont servi la cause burundaise qui n’ont pas bénéficié de cet honneur.

    Décision également inopportune, poursuit Zoom.Net, qui estime qu’on aurait plutôt dû penser à une assistance sur une période donnée aux ayant-droits du ministre défunt. Et puis pour éviter toute velléité de favoritisme, des conditions bien claires devraient sous-tendre la loi en la matière. Sinon, demain, on risque de trouver dans certains lieux de repos des écriteaux du genre : « Interdit aux pauvres et aux gens moyens ». Après plus de 10 ans d’inhumation séparée, dignitaires hutu et tutsi décédés vont enfin se retrouver dans un même panthéon, titre l’agence Net Press.

    S’il est une chose à laquelle la mort de l’ancien ministre de l’intérieur Simon Nyandwi aura au moins servi, c’est de rappeler aux dignitaires hutu et tutsi qu’après avoir accepté de collaborer tant bien que mal au sein des mêmes institutions ils vont partager côte à côte le même cimetière majoritairement tutsi de Mpanda, dans un sommeil éternel et silencieux que, ni le bruit, ni la fureur de Kigobe ne viendra perturber. Il n’y a pas si longtemps encore, rappelle Net Press, les terroristes-génocidaires du Palipehutu-FLN tiraient sur des convois mortuaires en direction ou sur place à Mpanda, comme si les larmes versées par les Tutsi en deuil n’étaient pas suffisantes pour combler de joie et de bonheur une rébellion en quête de démocratie et de respectabilité.

    SUITE DE LA GREVE DES INFIRMIERS

    A propos de la grève des infirmiers qui en est à sa 3ème semaine, notre confrère Le Renouveau propose, dans un éditorial, un élan de trêve patriotique. Sous la plume du directeur du journal, Jean Nzeyimana citant le chef de l’Etat, accéder à la demande des grévistes reviendrait à une remise d’un milliard 200 millions de dollars susceptible de sauver l’économie du pays.

    Dans un élan de trêve patriotique, conclut-il, les grévistes devraient remettre dans leur fourneau l’épée de Damoclès suspendue au-dessus d’un Burundi en pleine convalescence. Sur la même question, l’agence Zoom.Net a ce titre un peu original, pourrissement de la situation : lorsque la grammaire tue.

    Selon ce confrère, la confusion et l’ambiguïté résident dans le dernier paragraphe du document où le gouvernement affirme mettre l’accord en application dès que les moyens seront disponibles, là où la partie syndicale que l’accord devait entrer en vigueur le 1er janvier 2005. Et Zoom.Net de conclure humoristiquement sous forme d’interrogation : en attendant que les grammaires et les experts dans l’analyse des textes en français aident à trancher, comment le droit à la vie peut-elle être ainsi fragilisée dans un pays où pullulent tant d’ONGs humanitaires et des ligues de défense des droits de l’homme ?

    CONVOITISE DE LA MAIRIE DE BUJUMBURA

    Les jeunes de la capitale à l’assaut de la mairie, titre l’hebdomadaire Arc-En-Ciel. D’après mon confrère, la bataille légitime pour le contrôle de leur mairie est ouverte à tous les natifs de Bujumbura, sans considération ethnique, politique ou religieuse. L’occasion est donc propice de prendre la balle au bond. Et de marquer ainsi ce but très attendu depuis l’avènement de l’indépendance y compris la mairie de Bujumbura à savoir, l’irruption d’un maire de Bujumbura enfin natif de la capitale, ce qui, écrit Arc-En-Ciel, peut irriter certains locataires des bureaux de la mairie dont les réalisations restent médiocres.

    MUSEVENI PARANOIAQUE

    Yoweri Museveni atteint de paranoïa ! Ce n’est pas du tout un poisson de Mars, mais bien une information publiée jeudi dernier par l’agence Net Press citant le correspondant de Radio France Internationale à Kampala. Si l’on croit le confrère, preuves à l’appui, Museveni serait atteint de cette psychose caractérisée par un sentiment de méfiance, de susceptibilité et d’agressivité qui engendre un délire de persécution. C’est ainsi que, par peur d’être empoisonné, le chef de l’Etat ougandais a passé une commande d’un appareil de détection du poison en Afrique du Sud d’une valeur de 500.000 $.

    De même, avant de le photographier, lui tendre le micro ou la caméra, les journalistes doivent faire vérifier leurs appareils photographiques et leurs caméras durant de longues heures. Enfin, au mois de juin 2003, une des filles de Museveni qui accoucher a dû être évacuée sur Rome en raison du manque de confiance envers les médecins ougandais. Conclusion de Net Press : le seul vœu que les Burundais devraient formuler est que la paranoïa ne soit pas une maladie contagieuse. Car si tel était le cas, il faudrait rayer de la liste de tous les présidentiables pressentis ou autoproclamés qui ont déjà rencontré Museveni, ce qui mettrait à la retraite anticipée pas mal de monde, ce qui finalement ne serait pas une si mauvaise chose que ça.

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